LA VIGNE 

Extrait des archives de l'Association
Par le Coucou

Racontée par Guy HUEL
LES VIGNES POEME CECILE

Une histoire de Chatillon de l'année 1890, nous enseigne qu'à époque 35 vignerons cultivaient 90 hectares de vignes. Entendons par là que 35 foyers possédaient des vignes, seulement quelques ouvrées (une ouvrée équivaut à 3,40 ares), ce qui assurait leur consommation personnelle .Vers 1904, le phylloxéra fait son apparition, ruinant le vignoble pour plus de 20 ans. Les nouveaux plants de kulmann et oberlin viennent remplacer les vieux cébèle. C'est aussi une nouvelle façon de travailler qui commence. Les paisseaux disparaissent peu à peu. La génération des années 1910 arrive avec des forces nouvelles. Les coteaux n'ont pas étés replantés en entier. Pendant la guerre 39/45, les femmes assurent courageusement le travail. Tout se fait à la main.

Au retour des prisonniers, quelques ouvrées s'en vont encore en friche. On compte encore en 1945 : 38 hectares de vignes. Les jeunes nés après cette guerre ne peuvent plus vivre avec leurs parents, les superficies de culture sont trop peu importantes.

La modernisation des matériels remplace les bras. Les jeunes vont "aux écoles" et quittent le pays avec un métier. Il n'y a plus que les vieux qui s'accrochent jusqu à n'en plus pouvoir et, aujourd'hui 1 hectare pour 5 vignerons reste encore en culture. Pour combien de temps?

Un renouveau semble se dessiner, surtout dans les villages voisins. La chambre d'agriculture assiste ces entêtés. Il faudrait sûrement replanter autrement pour rentabiliser les outils d'aujourd'hui. Quoi qu' il en soit, nos coteaux sont toujours là. L e jour où les vignes ne seront plus là, ils nous fourniront des acacias.

Restent toujours, aussi belles , nos caves dites vigneronnes. Bien belles, enterrées derrière leurs escalier de pierre , couvertes de multiples arceaux décalés, elles sont magnifiquement voûtées, leur fraîcheur idéale permet une parfaite conservation du vin. Les 46 caves vigneronnes du vieux village font l'admiration des visiteurs. Leurs entrées protégées par des"les bancs de garde " ou bancs de pierre à dossier, il en reste quelques uns, sont à découvrir, ils sont souvent striés de la "gouliche" permettant l'écoulement des eaux usées.
Ces escaliers, ces arceaux, ces bancs témoignent de l'activité des carriers et de l'importance de ceux-ci dans la vie du village.

En 2005, nous comptons de moins en moins de superficie de vignes et de vignerons, quelques passionnés y sont toujours attachés et un petit espoir de renouveau dans la nouvelle génération qui émet l'envie de replanter. Bravo.

Quelques plantations de vergers arrivent pour remplacer les vignes